03/11/2012 - La Montagne

Léo Ferré

Noël CHAMPOMIER "La Montagne" (03/11/2012)

« Chants mêlés » : un instant de pur bonheur dans l'univers de la poésie.

Les 6èmes rencontres de la Chanson francophone se sont poursuivies jeudi avec deux spectacles.

L'après-midi, sous un barnum avec le groupe local « Cordes sensibles », quatre chanteuses et guitaristes dont la prestation fut malheureusement desservie par le mauvais temps ....et le soir, dans la salle des fêtes, avec un moment d'exception en compagnie de trois artistes de la région Lyonnaise pour un spectacle de chant et piano « Chants mêlés ».

Natasha Bezriche et Isabelle Bonnadier sont douées de voix exceptionnelles, tour à tour cristallines et graves, et une pratique parfaitement assimilée du chant lyrique et de la comédie leur permet d’en jouer comme d'un instrument de musique bien propre à exprimer toute une gamme d'émotions.

Les modulations tout en finesse de leur registre font nécessairement penser à Barbara et de la « grande dame brune », elles ont aussi la présence et la distinction, sans jamais tomber dans le plagiat ou l'imitation. Elles sont accompagnées au piano par Sébastien Jaudon avec lequel on les sent liées par une vraie complicité, un réel plaisir d'être ensemble. Il arrive d'ailleurs qu'il mêle sa voix aux leurs lors de certaines interprétations.

Et puis il y a le choix des textes, magnifique enchaînement de poèmes et de chansons qui s’articulent autour de trois thèmes, le sentiment, la révolte et l'humour : des classiques et d'autres qui ne le sont pas encore, de Baudelaire à Nougaro, en passant par Aragon et Rimbaud, parfois revisités avec malice tel ce « Marquise » de P. Corneille & G. Brassens dans une version ragtime qui lui redonne un petit coup de jeune et le fait aimablement contraster avec « le gérontophile » de Bernard Joyet.

Un collier de magnifiques perles de culture où le contemporain se mêle à l'intemporel et qui constitue ce qu'il y a de mieux en fait de poésie et de chanson poétique.

Un choix qui correspond, disent-elles « à des goûts communs, à un accord de sensibilité ».

Le public en ressort avec l'impression d'avoir vécu un moment de grâce, de distinction, d'exigence, et s'il faut ne garder qu'un mot, de « classe ».

L'article en pdf